Pour les DRH, l’enjeu n’est plus d’adopter l’IA mais de créer les conditions de son déploiement

Pour les DRH, l'enjeu n'est plus d'adopter l'IA mais de créer les conditions de son déploiement

L’intelligence artificielle a désormais quitté le stade de l’expérimentation. Réunis à Paris à l’initiative de PeopleSpheres lors de la table ronde « RH : la grande transformation. IA, data et agilité redéfinissent le métier », experts RH, dirigeants, partenaires technologiques et acteurs du recrutement ont partagé un constat commun : l’IA est devenue incontournable, mais sa capacité à transformer durablement les organisations dépend désormais de facteurs bien plus fondamentaux que la technologie elle-même.

Qualité de la donnée, gouvernance, évolution des compétences, émergence des agents IA et redéfinition du rôle des ressources humaines : les échanges ont permis de mettre en lumière les principaux défis auxquels les entreprises sont confrontées alors qu’une nouvelle génération de pratiques RH commence à émerger.

Organisée au Pullman Paris Tour Eiffel, la rencontre a réuni près de 50 participants autour de Mathilde Le Coz (Présidente du Lab RH), Eric Gras (Head of Talent Intelligence chez Indeed), Julien Muller (CTO de PeopleSpheres) et Jordan Dos Santos (Directeur Commercial de PeopleSpheres).


Trois enseignements majeurs pour les RH

1. L’IA n’est plus une option, mais son déploiement reste un défi

Pour les intervenants, le débat ne porte plus sur l’opportunité d’adopter l’intelligence artificielle. Les entreprises ont désormais largement intégré l’idée que l’IA fera partie intégrante de leur fonctionnement futur. En revanche, de nombreuses organisations s’interrogent encore sur le rythme à adopter, les cas d’usage prioritaires et la manière de mesurer la valeur créée.

Les échanges ont notamment souligné la nécessité de distinguer les gains de productivité individuels apportés par l’IA générative de la transformation plus profonde des processus permise par les futurs agents IA capables d’exécuter des tâches complexes de manière autonome.

« Les entreprises ont un devoir de garantir la sécurité de l’employabilité de leurs collaborateurs, pas la sécurité de l’emploi. » — Eric Gras, Head of Talent Intelligence, Indeed

L’enjeu n’est donc pas uniquement d’automatiser davantage, mais de déterminer comment réinvestir le temps libéré dans des missions à plus forte valeur ajoutée.


2. La véritable bataille se joue désormais autour de la donnée

Un point a fait consensus tout au long de la discussion : sans données fiables, structurées et gouvernées, l’IA ne pourra pas tenir ses promesses. Dans de nombreuses organisations, les données RH restent encore dispersées entre différents outils, systèmes ou référentiels, limitant la capacité des entreprises à déployer des usages avancés.

« La qualité de la donnée et sa circulation restent le socle de toute stratégie IA ambitieuse. » — Jordan Dos Santos, Directeur Commercial, PeopleSpheres

Au-delà des questions technologiques, les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des équipes RH afin qu’elles puissent comprendre, challenger et superviser les résultats produits par les outils d’intelligence artificielle.

« Les outils évoluent plus vite que les utilisateurs. Il est crucial de prendre le temps de se former. » — Mathilde Le Coz, Présidente du Lab RH


3. Le DRH devient un acteur central de la transformation de l’entreprise

L’un des principaux enseignements de la rencontre concerne l’évolution profonde du rôle des ressources humaines. À mesure que les outils gagnent en autonomie, les équipes RH seront amenées à développer de nouvelles expertises mêlant data, technologie, gouvernance, pilotage de processus et supervision d’agents IA spécialisés.

Le débat a également mis en avant la notion de « Return on Expectations » : avant de chercher à mesurer le retour sur investissement de l’IA, les organisations doivent d’abord définir la valeur qu’elles souhaitent créer et les métiers qu’elles souhaitent faire évoluer.

« On fait beaucoup d’IA, mais il y a très peu de stratégie sur l’objectif à atteindre. Qu’est-ce que je veux réinventer comme métier dans mon organisation ? » — Mathilde Le Coz

Les intervenants ont souligné que l’IA ne remplace pas la fonction RH ; elle lui offre au contraire l’opportunité de jouer un rôle encore plus stratégique dans l’accompagnement des transformations de l’entreprise.


Vers une nouvelle génération de SIRH

Les échanges ont également mis en lumière une évolution majeure du marché : le passage progressif d’outils RH cloisonnés à des environnements ouverts, interconnectés et capables d’accueillir des agents IA.

Cette transformation repose sur une architecture combinant solutions spécialisées, plateforme centrale de données et capacités d’orchestration. Pour PeopleSpheres, cette évolution marque l’émergence d’un modèle dans lequel la donnée devient l’infrastructure stratégique permettant aux entreprises de conserver leurs outils tout en créant une base commune pour les usages futurs de l’intelligence artificielle.

À terme, les interactions avec les systèmes RH devraient devenir largement conversationnelles, permettant aux collaborateurs de solliciter directement les services RH via le langage naturel.

« Demain, le SIRH ne sera plus utilisé. Il sera simplement sollicité. » — Julien Muller, CTO, PeopleSpheres


Une transformation déjà engagée

Les échanges se sont poursuivis lors d’un déjeuner réunissant DRH, partenaires technologiques, clients et journalistes. Au-delà des perspectives de long terme, les participants ont partagé un même constat : les transformations évoquées ne relèvent plus de scénarios prospectifs mais de changements déjà observables dans de nombreuses organisations.

Si les usages restent encore inégaux selon les secteurs et les fonctions, une conviction s’impose progressivement : l’avenir des ressources humaines reposera sur la combinaison d’une expertise humaine renforcée, d’une donnée maîtrisée et d’outils capables d’assister les équipes à grande échelle.

« Demain, il n’y aura pas de stratégie business sans stratégie RH. » — Mathilde Le Coz


À propos de PeopleSpheres

Fondée en 2019, PeopleSpheres est une référence du Core RH modulaire en Europe. Sa plateforme SaaS ouverte et unifiée est utilisée dans plus de 50 pays par plus de 500 000 utilisateurs et plus de 350 clients. Basée à Montpellier (siège) et à Paris, avec un bureau à Sofia, l’entreprise compte plus de 100 collaborateurs.

Sa promesse : permettre aux entreprises de faire évoluer leur SIRH en conservant leurs outils, grâce à un Core RH qui s’adapte à leur écosystème, pas l’inverse.

Plus d’informations : https://PeopleSpheres.com/fr

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par Stéphane

Stéphane Poignant est formateur RH et créateur de jeux sérieux, de guides pratiques et de contenus qui font bouger les lignes. Il explore les coulisses du SIRH, de la data RH et du learning by doing. https://www.linkedin.com/in/stephanepoignant/