Les entreprises n’ont pas besoin d’un outil de plus. Elles ont besoin d’outils qui comprennent vraiment leur métier

Tribune par Thomas Ferrandis, cofondateur et CEO de Hapi Agency

Selon le 2025 State of SaaS Report de BetterCloud, les organisations utilisent en moyenne 106 applications SaaS différentes. Ce chiffre résume à lui seul un paradoxe très actuel : la transformation digitale a multiplié les outils, mais elle n’a pas toujours simplifié le travail.

Dans beaucoup d’organisations, le problème n’est plus le manque de logiciels. C’est leur empilement.

Un CRM pour suivre les prospects. Un outil pour gérer les projets. Une plateforme pour centraliser les documents. Un tableur pour combler les trous. Une automatisation pour relier deux briques. Puis des règles tacites, connues seulement des équipes, pour faire fonctionner l’ensemble.

À force, le système d’information finit parfois par ressembler davantage à une collection de rustines qu’à un environnement de travail cohérent.

Le sur-mesure n’est plus le luxe qu’il était

Pendant longtemps, développer une plateforme métier sur mesure était perçu comme un chantier lourd : long, coûteux, risqué.

Cette perception change.

L’IA, le développement assisté, le no-code/low-code et les nouvelles méthodes de prototypage permettent désormais de tester plus vite, de construire plus progressivement et de valider plus tôt la pertinence d’un outil métier.

Cela ne veut pas dire que tout devient simple. Un bon outil sur mesure demande toujours du cadrage, une vraie compréhension des usages et un contrôle qualité sérieux.

Mais le sur-mesure n’est plus forcément un grand pari technologique. Il peut devenir une démarche pragmatique : prototyper un workflow, tester une interface, connecter des données, automatiser une tâche, valider un usage, puis industrialiser ce qui fonctionne vraiment.

Le vrai enjeu n’est pas technique, il est opérationnel

Une plateforme métier réussie ne se résume pas à une belle interface. Elle doit répondre à une question plus simple : comment les équipes travaillent-elles réellement ?

Qui fait quoi ? Avec quelles informations ? À quel moment ? Selon quelles règles ? Avec quelles exceptions ? Quels irritants ? Quelles pertes de temps ? Quelles données doivent remonter à la direction ?

C’est là que beaucoup d’outils standards montrent leurs limites. Ils couvrent des besoins génériques, mais capturent difficilement la finesse d’un métier.

À l’inverse, une plateforme bien pensée peut réduire les doubles saisies, les erreurs, les données dispersées, les fichiers parallèles et les angles morts dans le pilotage.

Le digital cesse alors d’être une couche supplémentaire. Il redevient un outil de travail.

Le sur-mesure ne veut pas dire tout reconstruire

Revenir au sur-mesure ne signifie pas jeter les outils existants. C’est même souvent l’inverse.

La bonne approche consiste à distinguer ce qui fonctionne déjà, ce qui doit être connecté et ce qui mérite vraiment d’être personnalisé.

Certaines briques SaaS doivent rester en place. D’autres doivent être mieux intégrées. D’autres encore peuvent être complétées par une interface métier, un portail interne, un tableau de bord, une automatisation ou un agent IA capable d’aider les équipes sur une tâche précise.

Le sur-mesure moderne n’est donc pas forcément un logiciel développé de zéro. C’est parfois une couche intelligente qui relie, simplifie et adapte l’existant aux usages réels.

C’est ce qui le rend à nouveau crédible.

Arrêter d’empiler, commencer à concevoir

Pendant des années, la transformation digitale a souvent consisté à ajouter des outils. Un nouveau besoin, une nouvelle solution. Un nouveau problème, un nouveau SaaS.

Cette logique atteint ses limites.

Les entreprises ne cherchent plus seulement à être équipées. Elles cherchent à mieux travailler.

Le retour des plateformes métier sur mesure n’est donc pas un rejet du SaaS. C’est une correction. Les entreprises continueront à utiliser des solutions du marché, mais elles chercheront davantage à les relier, les adapter et les compléter par des outils conçus pour leur réalité opérationnelle.

La question n’est plus : « Quel logiciel devons-nous acheter ? »

Elle devient : « Quel système devons-nous construire pour que nos équipes travaillent vraiment mieux ? »

C’est peut-être cela, la prochaine maturité digitale : arrêter d’empiler les outils, et commencer à concevoir des environnements de travail qui ressemblent enfin aux entreprises qui les utilisent.

Source : 2025 State of SaaS Report, BetterCloud. Le rapport indique que les organisations utilisent en moyenne 106 applications SaaS différentes.

À propos de Hapi Agency
Fondée par Thomas Ferrandis et Gérald Rougerie, Hapi Agency accompagne les entreprises dans la conception, le design, le développement et l’optimisation de leurs projets digitaux, en combinant expertise humaine, culture produit et expérimentation IA.

Pensée pour aider les organisations à aller plus vite sans sacrifier la qualité, Hapi Agency intervient à la croisée de la stratégie, de l’expérience utilisateur, du développement web et de l’intelligence artificielle. Son approche vise à transformer l’IA en véritable levier de production, d’itération et d’innovation, tout en conservant ce qui fait la valeur d’un projet digital : le cadrage, la créativité, la précision d’exécution et le sens business.

Son offre se structure autour de deux piliers : une offre d’agence traditionnelle augmentée par l’IA, capable de gérer des projets plus rapidement et à moindre coût ; et une offre de Lab Externalisé, qui permet aux clients d’« acheter du temps » pour expérimenter les sujets IA nécessaires à l’évolution de leurs métiers, avec l’accompagnement d’experts.

Contacts presse :
c/o DPR-AGENCY
Indji Ferrandis – indji.ferrandis@dpr-agency.fr

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par Stéphane

Stéphane Poignant est formateur RH et créateur de jeux sérieux, de guides pratiques et de contenus qui font bouger les lignes. Il explore les coulisses du SIRH, de la data RH et du learning by doing. https://www.linkedin.com/in/stephanepoignant/