Le marché de l’intelligence artificielle est saturé par le débat sur la « souveraineté ». Selon Converteo, chaque vendeur de technologie se revendique désormais « souverain », mais pour les grandes entreprises, cette notion est devenue illisible : elle mélange les enjeux géopolitiques nationaux — sécuriser l’approvisionnement en puces, datacenters et modèles — et la réalité opérationnelle des acteurs économiques et industriels.
Pour y voir clair, Converteo appelle à recentrer le débat sur le véritable problème des entreprises : anticiper les défaillances. Cela implique de repenser les stratégies autour de scénarios concrets, notamment la résilience opérationnelle (si un système devient inopérant demain, quel est l’impact immédiat sur les opérations ?) et la réversibilité des architectures (comment se préparer techniquement à basculer rapidement sur un plan B pour ne pas dépendre d’un fournisseur unique). En clair, il s’agit de sortir le sujet du terrain politique pour le ramener à ce qui se joue réellement dans les entreprises.
« On ne peut pas mettre sur le même plan la sécurisation stratégique, qui relève de l’État français ou de l’Union européenne, et les besoins d’un Comex. Pour une grande marque, la nationalité de l’algorithme compte moins que la continuité de son activité. La souveraineté d’une entreprise ne s’achète pas sur étagère : elle passe par la maîtrise de ses risques et de ses données », explique Laurent Nicolas-Guennoc, CMO de Converteo.