Étude Cognizant Research – « New Frontiers, New Frictions: Mapping the DNA of AI Adoption » – communiqué du 21 octobre 2026
80 % des salariés souhaitent utiliser davantage l’IA, mais sont freinés dans leur entreprise. Une étude menée par Cognizant auprès de plus de 10 000 salariés interrogés début 2026 dans 24 pays, dont la France, met en évidence ce que les chercheurs appellent le « déficit d’activation » (Activation Gap) : un décalage important, et largement invisible, entre les possibilités offertes par l’IA telles que les perçoivent les salariés et la mesure dans laquelle leur environnement professionnel leur permet réellement de les exploiter.
Selon l’étude, le principal frein à la concrétisation du potentiel économique de l’IA réside dans la difficulté à transformer la volonté des salariés de l’utiliser en une adoption effective. La personnalisation des outils, leur intégration aux environnements de travail et leur adaptation aux contextes métiers peuvent contribuer à réduire cet écart.
Les enjeux économiques sont considérables. Selon les estimations des chercheurs de Cognizant, une augmentation généralisée de 5 % de la productivité du travail à l’échelle mondiale pourrait générer environ 6 000 milliards de dollars supplémentaires de PIB mondial, soit presque l’équivalent de l’ajout d’une économie de la taille de celle du Japon. Réduire le déficit d’activation pourrait permettre de capter une partie de cette valeur et de favoriser la progression des salaires qui accompagne fréquemment la croissance du PIB.
« Notre étude révèle que les salariés ont une longueur d’avance sur leurs employeurs. La volonté d’adopter une nouvelle technologie constitue généralement l’obstacle le plus difficile à surmonter. Or, cette volonté est déjà présente. Le véritable défi consiste désormais à adapter les outils aux spécificités de chaque organisation : ses règles, ses flux de travail et les méthodes utilisées par ses équipes pour accomplir leurs missions. »
Ravi Kumar S, Chief Executive Officer de Cognizant
Les 7 archétypes de salariés face à l’IA
- Architects (Architectes) : les pionniers de l’adoption de l’IA, qui ont besoin d’un cadre et de garde-fous plus solides.
- Accelerators (Accélérateurs) : des utilisateurs pragmatiques de l’IA, capables de servir de modèles et de guider leurs pairs.
- Precisionists (Précisionnistes) : un petit groupe d’utilisateurs particulièrement enthousiastes à l’égard de l’IA.
- Navigators (Navigateurs) : des collaborateurs volontaires, mais freinés par l’inertie organisationnelle.
- Pragmatists (Pragmatiques) : des utilisateurs sceptiques, qui attendent des preuves concrètes de l’efficacité de l’IA.
- Stalwarts (Piliers) : le socle des effectifs de l’entreprise, qui a besoin de raisons claires et convaincantes pour adopter l’IA.
- Holdouts (Réfractaires) : les collaborateurs les plus lents à adopter l’IA, mais qui présentent le plus fort potentiel encore inexploité.
Principaux enseignements
- Des salariés désireux d’utiliser davantage l’IA : quatre salariés sur cinq déclarent souhaiter utiliser davantage l’IA que ne le leur permet actuellement leur poste.
- Le facteur humain déterminant : les dispositions individuelles (la manière dont une personne appréhende la technologie, le risque et son propre travail) permettent de prédire les comportements d’adoption de l’IA environ six fois mieux que la position occupée dans la hiérarchie.
- Deux profils représentant 72 % des effectifs : les Navigators et les Stalwarts constituent à eux seuls 72 % des salariés étudiés, un levier d’action important. Les Navigators sont disposés à utiliser l’IA mais freinés par des obstacles organisationnels ; les Stalwarts attendent des arguments clairs et des bénéfices concrets.
- Des outils insuffisamment adaptés : jusqu’à 82 % des salariés estiment que les outils d’IA mis à leur disposition ne répondent pas à leurs besoins. Parmi les Accelerators et les Architects, 33 % identifient le manque de contextualisation et de personnalisation comme le principal facteur limitant.
Quel que soit leur profil, entre 72 % et 82 % des salariés considèrent que leurs outils d’IA actuels ne répondent pas à leurs besoins. Même les Precisionists, catégorie affichant le niveau de satisfaction le plus élevé, ne sont que 28 % à se déclarer satisfaits de leurs outils : environ trois salariés insatisfaits pour un satisfait.
« L’insatisfaction à l’égard des outils d’IA en entreprise ne concerne pas uniquement les salariés sceptiques ou ceux qui découvrent ces technologies. Elle est quasiment généralisée, touchant aussi bien les collaborateurs qui utilisent intensivement l’IA que ceux qui y ont peu recours. »
Surya Gummadi, président de Cognizant pour les Amériques
Formation : des disparités selon les profils
Parmi les Architects, 81 % jugent leur formation efficace et 83 % la suivent jusqu’à son terme ; chez les Holdouts, ces proportions tombent respectivement à 56 % et 53 %. Ces disparités n’expliquent toutefois pas à elles seules les écarts de satisfaction : les Architects, qui bénéficient des formations jugées les plus efficaces, sont aussi 87 % à déclarer recourir à des outils d’IA non autorisés par leur entreprise lorsque les solutions officielles ne répondent pas à leurs besoins.
Deux problématiques distinctes ressortent : les formations ne bénéficient pas de manière équivalente à tous les salariés, et même lorsqu’elles sont efficaces, les outils proposés restent insuffisamment adaptés. Pour Cognizant, des outils adaptés aux contextes métiers, associés à des formations répondant aux besoins de chaque profil, constituent le moyen le plus direct de réduire le déficit d’activation.
« Pour que l’IA puisse concrétiser son potentiel de croissance économique, estimé à environ 6 000 milliards de dollars de PIB supplémentaire, les entreprises doivent agir simultanément sur deux leviers : fournir à des salariés déjà disposés à adopter l’IA des outils adaptés à leurs contextes métiers et améliorer leurs programmes de formation en les personnalisant selon les différents profils d’utilisateurs. »
Ravi Kumar S
Méthodologie
Cette étude quantitative, réalisée début 2026 par Cognizant Research, repose sur les réponses de plus de 10 000 salariés de différents pays, couvrant l’ensemble des grands secteurs d’activité. Elle analyse les comportements, attitudes et attentes des salariés face à l’IA, ainsi que les obstacles organisationnels qui freinent son adoption. Sept grands profils ont été identifiés selon le rapport à la technologie, l’utilisation actuelle de l’IA, les aspirations et les conditions d’adoption. Les participants ont répondu notamment sur une échelle de 1 à 6 (« Pas du tout d’accord » à « Tout à fait d’accord ») ; les scores supérieurs à 3,5 traduisent une tendance générale à l’accord.
À propos de Cognizant
Cognizant (NASDAQ : CTSH) est un AI Builder et une entreprise de services numériques qui élabore des solutions complètes d’IA. Son objectif : améliorer l’efficacité des équipes, créer de la valeur et permettre aux grandes entreprises de rester performantes dans un monde qui évolue rapidement.
