Étude FTI Consulting – « AI’s Second Act, Where Safety, Risk and Trust Collide » – communiqué du 21 octobre 2026
Une étude de FTI Consulting menée sur sept marchés révèle que 60 % des grandes entreprises ont ralenti, suspendu ou annulé leur déploiement de l’IA, la cybersécurité étant désormais leur principale préoccupation. La France se distingue par une approche encore plus mesurée, avec seulement 20 % des décideurs qui déclarent avancer rapidement dans l’adoption de l’IA.
Paris, le 21 octobre 2026 – FTI Consulting, Inc. (NYSE : FCN) a annoncé les résultats d’une nouvelle étude qui montre que les grandes entreprises ralentissent leur adoption de l’IA à grande échelle, alors que les menaces de cybersécurité, l’incertitude réglementaire et les questions de confiance redéfinissent la manière dont elles déploient cette technologie.
Intitulé « AI’s Second Act, Where Safety, Risk and Trust Collide » (L’acte II de l’IA : quand sécurité, risque et confiance s’affrontent), ce rapport s’appuie sur un sondage mené auprès de 1 600 décideurs de haut niveau sur sept marchés dont la France. 60 % des grandes entreprises ont ralenti, suspendu ou annulé un projet de déploiement d’IA prévu au cours des 12 derniers mois en raison de préoccupations liées à la réputation, à la réglementation ou à la confiance. Ces résultats suggèrent que les entreprises n’abandonnent pas l’IA, mais qu’elles entrent dans une phase plus prudente où la gestion des risques liés à l’IA, une gouvernance responsable et la confiance en interne détermineront le rythme de son adoption.
La France : plus de prudence, mais moins de préparation
En France, 54 % des sondés se disent « plus positifs » voire « beaucoup plus positifs » qu’il y a douze mois quant aux bénéfices de l’IA sur leur activité. Ils sont pourtant 34 % à privilégier une approche prudente, axée sur la confiance et le contrôle plutôt que sur la vitesse de déploiement, soit le taux le plus élevé des sept marchés étudiés. Cette prudence ne se traduit pas toujours par une plus grande préparation : la France arrive en dernière position sur plusieurs indicateurs clés, notamment la mise en place de formations des employés (26 %), l’établissement de politiques écrites relatives à l’IA (28 %) et l’évaluation des risques en amont des lancements de projets d’IA (37 %).
« La France se distingue par une approche plus mesurée de l’usage et de l’adoption de l’IA. Le sondage montre pourtant qu’il ne s’agit pas d’un rejet de cette technologie : il met plutôt en avant l’importance accordée par les décideurs à une intégration de l’IA contrôlée et de qualité plutôt que précipitée. Les entreprises françaises doivent donc désormais traduire cette vigilance en préparation opérationnelle, en gouvernance crédible et en résultats concrets afin de développer l’IA sur des bases saines et durables. »
Lauren Unger, Managing Director de la practice Communication Stratégique chez FTI Consulting
Principales conclusions
- Le déploiement de l’IA ralentit : 60 % des grandes entreprises ont ralenti, suspendu ou annulé un déploiement d’IA prévu au cours de l’année écoulée.
- Le risque cyber est la principale préoccupation : 60 % citent la cybersécurité (confidentialité des données et failles de sécurité) parmi leurs plus grands risques liés à l’IA pour l’année à venir.
- L’IA « fantôme » est un risque majeur : 54 % des entreprises indiquent que l’utilisation par les employés d’outils d’IA non approuvés constitue une préoccupation majeure pour 2027.
- La gouvernance de l’IA est peu développée : seules 17 % des entreprises disposent de cadres de gouvernance datant de plus de deux ans.
La cybersécurité constitue le principal point de tension. À mesure que l’IA est davantage utilisée pour des tâches quotidiennes, les entreprises doivent gérer à la fois les logiciels autorisés et le recours croissant à des outils non approuvés échappant aux contrôles mis en place. La mise en œuvre de l’IA devient ainsi un enjeu de risque opérationnel plus large, et non plus seulement un défi technologique.
Réglementation, gouvernance et fossé de crédibilité
L’incertitude réglementaire renforce cette prudence : 81 % des personnes interrogées affirment que le manque de clarté des règles relatives à l’IA a engendré des problèmes concrets pour leur entreprise, notamment une aversion accrue au risque et une pression pour ralentir l’adoption. Parallèlement, 41 % des cadres de gouvernance des entreprises ont été mis en place il y a moins d’un an et seuls 17 % datent de plus de deux ans.
L’étude met aussi en évidence un fossé grandissant en matière de crédibilité. Les cadres supérieurs sont plus enclins que les cadres intermédiaires à faire état de retombées importantes liées à l’IA, alors que ces derniers considèrent que les déclarations publiques sur l’IA correspondent peu à la réalité au sein de leurs entreprises. Or ce fossé compte, car ce sont souvent ces cadres intermédiaires qui traduisent la stratégie en changements opérationnels au quotidien.
Des investissements réorientés vers la maîtrise des risques
Les entreprises privilégient la maîtrise des risques au détriment de l’expérimentation. Les investissements les plus élevés prévus en matière d’IA concernent la cybersécurité et la sécurité de l’information (47 %), la communication interne et la gestion du changement (35 %), la formation et la certification des employés (30 %), les effectifs dédiés à la gouvernance de l’IA (27 %) et la gestion de crise (26 %). Cette tendance suggère que les entreprises dépassent le stade de l’expérimentation et mettent en place l’infrastructure nécessaire pour gérer l’IA de manière responsable à grande échelle.
Il n’existe pas de modèle unique de compétitivité dans le domaine de l’IA : au Royaume-Uni, 41 % des personnes interrogées citent un cadre solide de souveraineté en matière d’IA comme une priorité absolue du gouvernement ; en Espagne, 48 % privilégient un investissement accru dans la sécurité et les compétences liées à l’IA ; la divulgation obligatoire des risques liés à l’IA arrive en tête en Irlande (42 %) et en Belgique (45 %) ; en France, 38 % accordent la priorité à des règles claires en matière de responsabilité en cas de défaillance de l’IA.
Méthodologie
FTI Consulting a mené une enquête en ligne du 5 au 11 août 2026 auprès de 1 600 cadres supérieurs chargés de la prise de décision au sein de grandes entreprises sur sept marchés : Royaume-Uni, France, Espagne, Allemagne, Belgique, États-Unis (250 répondants chacun) et Irlande (100). Les personnes interrogées ont déclaré un chiffre d’affaires annuel moyen de 1,5 milliard de livres sterling pour leur entreprise.
À propos de FTI Consulting
FTI Consulting, Inc. est un cabinet international de conseil spécialisé dans l’accompagnement des organisations confrontées à des situations de crise et de transformation. Au 30 juin 2026, il comptait plus de 8 100 collaborateurs répartis dans 32 pays et territoires. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dollars au cours de l’exercice 2025.
