Filigrane des contenus IA en Europe : une obligation de transparence, pas de cybersécurité, alerte Keeper Security

Anthropic vient de confirmer le déploiement mondial d’un filigrane invisible intégré au contenu généré par ses modèles Claude, une mesure imposée par le Code de transparence de l’AI Act européen entré en vigueur le 2 août. Shane Barney, Chief Information Security Officer de Keeper Security, met en garde : cette obligation relève de la transparence réglementaire, pas de la cybersécurité, et les tests menés jusqu’ici montrent que ces filigranes perdent leur signal dès qu’un contenu est reformulé ou réenregistré. Pour lui, les équipes de sécurité françaises doivent s’appuyer sur des mécanismes de vérification plus solides, fondés sur l’identité et l’authentification forte.

L’article 50 de l’AI Act : de la transparence, pas de la cybersécurité

Les règles de transparence prévues par l’article 50, qui sont à l’origine des gros titres de cette semaine sur le marquage numérique de l’IA, pourraient être interprétées à tort comme une exigence en matière de cybersécurité. Ce n’est pas le cas, et cette distinction est importante pour toute organisation française cherchant à déterminer ce qui s’applique à elle. L’article 50 impose aux fournisseurs et aux exploitants d’indiquer lorsque les utilisateurs interagissent avec l’IA, et de marquer les contenus générés par l’IA afin qu’ils soient identifiables comme artificiels.

Les obligations plus strictes de la loi en matière d’ingénierie de sécurité, qui couvrent la conception de systèmes sécurisés et la documentation des vulnérabilités, ne s’appliquent qu’aux systèmes d’IA à haut risque et au petit nombre de modèles à usage général classés comme présentant un risque systématique. La plupart des utilisations quotidiennes de l’IA générative ne relèvent pas de cette catégorie. L’obligation de marquage elle-même prévoit un délai de transition jusqu’en décembre 2026 pour les systèmes déjà commercialisés avant le mois d’août ; le déploiement de ce mois-ci devance donc une échéance qui n’est pas encore entrée en vigueur pour les systèmes déjà sur le marché.

Des filigranes faciles à contourner

Les tests publics menés jusqu’à présent sur ces mécanismes montrent une tendance constante. Le filigrane textuel perd son signal en cas de paraphrase ou de traduction poussée. Les métadonnées des images sont supprimées par un simple réenregistrement, un changement de format ou une capture d’écran. Rien de tout cela ne rend le tatouage numérique inutile, mais ce n’est pas un moyen de contrôle sur lequel les organisations françaises devraient s’appuyer pour déterminer si un contenu est authentique.

Une étude de Keeper 2026 a révélé que 28 % des responsables de la sécurité français identifient l’ingénierie sociale et l’usurpation d’identité basées sur l’IA comme l’un des principaux risques liés à l’IA, le phishing lui-même constituant une préoccupation plus importante avec 47 %. Comme ces réglementations se concentrent sur la divulgation sortante plutôt que sur la défense entrante, elles ne peuvent pas protéger activement les organisations ou les individus contre des escroqueries synthétiques convaincantes.

Une stratégie axée sur l’identité

Se défendre contre le phishing et les attaques d’usurpation d’identité orchestrés par l’IA exige une stratégie axée sur l’identité, fondée sur une gouvernance solide, une vérification continue et une authentification multi-facteurs résistante au phishing pour les comptes privilégiés. La suppression des privilèges administratifs permanents grâce à la gestion des accès privilégiés minimise le risque que des identifiants compromis soient utilisés pour des mouvements latéraux.

Source : Keeper Security, communiqué de presse, août 2026.

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par Stéphane

Stéphane Poignant est formateur RH et créateur de jeux sérieux, de guides pratiques et de contenus qui font bouger les lignes. Il explore les coulisses du SIRH, de la data RH et du learning by doing. https://www.linkedin.com/in/stephanepoignant/