Source : communiqué de presse de Botnation.ai (sondage réalisé avec BuzzPress France), 2 novembre 2026.
Faut-il baptiser son agent IA, lui prêter un accent, le laisser tutoyer ou lui faire commettre de petites fautes d’orthographe pour paraître plus humain ? Depuis le 2 août 2026, l’AI Act oblige chatbots et agents vocaux à révéler qu’ils sont des IA, mais ne dit rien de leur prénom, de leur voix ni de leur personnalité. Botnation.ai, entreprise française spécialisée dans les agents conversationnels, a interrogé 3 511 Français pour mesurer jusqu’où ils acceptent qu’une IA de marque se donne des airs humains.
Les chiffres clés
- 36 % des Français préfèrent entendre un accent régional plutôt qu’une voix neutre (31 %).
- 69 % jugent inacceptable qu’une IA fasse exprès des fautes pour paraître humaine.
- Seuls 9 % acceptent de converser avec un agent IA doté d’un prénom et d’une personnalité.
- 64 % préfèrent un humain pour un problème délicat.
Une zone réglementaire encore grise
Selon le communiqué : l’article 50 de l’AI Act impose depuis le 2 août 2026 d’informer l’utilisateur qu’il échange avec une IA, avec une amende pouvant atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires mondial, mais rien n’interdit d’appeler son IA « Léa » ou de lui donner un accent. L’Assemblée nationale a adopté en novembre 2020 un texte faisant de l’accent un motif de discrimination, et le mot « glottophobie » est entré dans le Petit Robert en 2023. Le gouvernement a par ailleurs annoncé en juin 2026 un chatbot santé public sur Ameli.fr et un assistant conversationnel unique pour l’administration.
Les prénoms humains font un flop
À la question de savoir ce qu’ils préfèrent quand ils échangent avec l’agent IA d’une marque, seuls 9 % des Français acceptent un agent doté d’un prénom et d’une personnalité. Ils plébiscitent une IA qui porte le nom de la marque (29 %) ou qui assume d’être un robot (18 %) : près d’un sur deux (47 %) veut une IA qui avance à visage découvert. Pour les 27 % encore réticents à parler à une IA, la confiance reste à construire.
Donner un prénom humain et une personnalité à l’agent IA d’une marque est jugé : acceptable à condition que l’IA dise clairement qu’elle n’est pas humaine (36 %), une forme de manipulation pour gagner la confiance (31 %), une simple astuce marketing sans conséquence (18 %), une façon sympathique de rendre l’échange plus agréable (14 %), « je ne sais pas » (1 %). Au total, 68 % ne crient pas à la manipulation : la transparence désamorce la méfiance.
Pour un problème délicat, 64 % préfèrent un humain
Ni « Léa » (4 %), ni « Lucas » (2 %), ni un prénom de robot (7 %) ne font le poids pour un sujet sensible ; l’assistant virtuel de la marque (15 %), sobre et identifié, inspire le plus confiance côté IA. Emmanuel Françoise, fondateur de Botnation.ai, commente : « Malgré les progrès de l’IA et des agents virtuels capables d’analyser un dossier en profondeur, les Français préfèrent encore qu’un humain se charge de résoudre leurs problèmes complexes, même si l’IA pourrait le faire plus rapidement. L’escalade vers un agent humain reste une fonctionnalité essentielle que nous proposons d’ailleurs depuis le premier jour sur BotNation. » Il ajoute que l’attribution systématique de prénoms féminins aux chatbots (Léa, Claire, Marie) est de plus en plus mal perçue, car elle renvoie l’image d’un service client de premier niveau réservé aux femmes, tandis que le support avancé serait masculin (Marc, Laurent, Martin).
Agent vocal : l’accent du terroir détrône la voix neutre
Pour un agent vocal au téléphone, les Français préfèrent : l’accent de leur région ou de leur pays (36 %), une voix neutre sans accent (31 %), « peu importe » (15 %), une voix clairement robotique (14 %), la voix d’une personnalité (2 %), leur propre voix (1 %), « je ne sais pas » (1 %).
Les fautes pour « faire plus humain » : non merci
Glisser des erreurs d’orthographe ou de grammaire est jugé inacceptable par 69 % des sondés (« une marque se doit d’écrire sans faute »), trompeur par 12 %, indifférent par 9 %, acceptable si l’on fait soi-même des fautes par 6 %, plutôt rassurant par 3 %, « je ne sais pas » par 1 %.
Pour Emmanuel Françoise : « Les Français n’ont rien contre l’IA mais sont vraiment opposés aux IA déguisées. Appeler son agent “Léa” ne crée pas la confiance. Ce qui la crée, c’est la clarté, la qualité de la réponse et la possibilité de passer la main à un humain dès que le sujet devient sensible. L’AI Act impose désormais la transparence et nos chiffres montrent qu’elle est aussi un véritable avantage commercial. »
Méthodologie
Enquête en ligne (CAWI) réalisée du 20 au 28 octobre 2026 auprès de 3 511 répondants âgés de 18 ans et plus, recrutés via le panel BuzzPress France (27 700 personnes), complété par des invitations électroniques et des sollicitations sur Facebook et LinkedIn. Échantillon structuré par quotas et redressé (sexe, âge, région, statut) à partir de données de référence notamment de l’INSEE.
À propos de Botnation.ai
Créée par Emmanuel Françoise, Botnation AI est une entreprise française spécialisée dans les agents conversationnels propulsés par IA. Depuis 2016, elle développe une plateforme no-code permettant aux entreprises de créer et déployer des agents conversationnels sur de nombreux canaux (site web, WhatsApp, Messenger, Instagram, SMS, interfaces vocales). Selon le communiqué, elle revendique plus de 2 milliards de messages traités, 15 millions d’utilisateurs, plus de 500 entreprises clientes et des déploiements dans plus de 75 pays. Elle développe aussi Nation.fr, une plateforme française d’IA générative.
