Baromètre IA × RSE de Ditto : l’impact environnemental devient le premier frein à l’IA chez les professionnels RSE

En un an, l’impact environnemental de l’IA est passé de dernier à premier frein cité par les professionnels RSE : 75 % le citent en 2026. Pourtant, 93 % utilisent désormais un LLM, contre 80 % en 2025. La deuxième édition du Baromètre IA × RSE de Ditto, réalisée auprès de 105 professionnels RSE et QHSE, montre une profession qui adopte l’IA tout en doutant de son coût, sans cadre pour trancher.

L’IA s’est installée dans le quotidien des équipes RSE : 66 % l’utilisent au moins une fois par semaine et 57 % déclarent gagner au moins deux heures par semaine grâce à elle.

Un regard de plus en plus critique sur le coût environnemental

En 2025, l’impact environnemental arrivait en dernière position des onze freins à l’adoption de l’IA. En 2026, il arrive en tête, cité par 75 % des répondants, devant la confidentialité des données (61 %) et la fiabilité (54 %). C’est aussi la première source de déception vis-à-vis de l’IA (71 %).

La proportion de professionnels estimant qu’un gain de 10 % de performance durable ne justifie pas une hausse de 5 % de la consommation énergétique est passée de 43 % à 56 %, soit la plus forte progression observée entre les deux éditions. 77 % souhaitent que les entreprises divulguent l’empreinte carbone de leurs systèmes d’IA. Ce frein n’a toutefois pas ralenti l’adoption : l’IA reste perçue comme une opportunité par 57 % des professionnels RSE, contre 25 % qui y voient un risque.

« L’IA est un sujet RSE par nature : énergie, eau, données, conditions de travail, impact sur les métiers. Les professionnels RSE en mesurent le coût mieux que personne, et ils l’utilisent quand même. S’en tenir à l’écart laisserait le champ libre à des usages que personne n’encadre. Le responsable RSE est le mieux placé pour décider où l’IA a sa place dans l’entreprise, et où elle ne l’a pas. Chez Ditto, notre conviction est simple : l’IA là où ça soulage, l’humain là où ça compte », explique Pierre Poirmeur, cofondateur et CEO de Ditto.

Un usage qui progresse plus vite que son cadre

L’IA sert d’abord à rédiger : 71 % des professionnels RSE l’utilisent pour la communication et la création de contenu, 62 % pour leurs rapports. 58 % estiment que l’IA augmente le risque de greenwashing dans le reporting durable (53 % en 2025).

Les entreprises avancent lentement pour encadrer ces usages : seuls 23 % des répondants indiquent que leur entreprise a formalisé une politique interne sur l’IA, et 93 % n’ont aucun budget acté pour des outils IA dédiés à leur métier. 40 % découvrent tout juste les enjeux de l’AI Act. Les compétences ne suivent pas davantage : la part des professionnels qui se jugent débutants ou basiques passe de 69 % à 77 %, alors que le gain de temps augmente avec la maîtrise (44 % des débutants gagnent au moins deux heures par semaine, contre 73 % des utilisateurs intermédiaires).

Usage raisonné : un débat encore ouvert

Les réponses dessinent trois principes pour un usage raisonné de l’IA dans les métiers de la RSE. D’abord, la mettre au service de la collecte de données, leur tâche la plus chronophage (50 %) : c’est ce que citent en premier ceux qui imaginent une IA idéale (38 % des répondants à la question ouverte), alors que seuls 13 % la lui confient aujourd’hui. Ensuite, en limiter l’empreinte : plus d’un sur cinq souhaite une IA plus sobre, voire qui s’autorégule. Enfin, l’humain doit garder le dernier mot : 90 % vérifient toujours ou souvent les résultats produits par l’IA avant de les utiliser.

À propos de l’étude : deuxième édition du Baromètre IA × RSE de Ditto, réalisée auprès de 105 professionnels RSE et QHSE interrogés entre juillet et septembre 2026. Lien vers l’étude. Ditto accompagne les entreprises dans la structuration, le pilotage et la valorisation de leurs démarches de durabilité.

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par Stéphane

Stéphane Poignant est formateur et consultant indépendant en RH, SIRH et IA ; il enseigne en Master 2 RH et au CNAM Hauts-de-France. Sur Yapluqua, il décrypte les outils, la data et les obligations RH à partir de textes officiels, d'études et de retours de praticiens, en citant ses sources. https://www.linkedin.com/in/stephanepoignant/