Financial Census 2026 : 93 % des directions financières redoutent la fraude par IA

Micro-fraudes en hausse, retards de paiement persistants, gouvernance de l’IA en construction, impact sur les métiers : Medius, fournisseur de solutions d’automatisation de la comptabilité fournisseurs, publie l’édition 2026 du Financial Census, étude indépendante menée auprès de 2 350 professionnels de la finance aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède et en France. Elle dresse les symptômes d’une finance sous tension : 87 % des professionnels constatent que des notes de frais frauduleuses passent sous les radars, 93 % se disent préoccupés par le risque de fraude générée par l’IA au cours des 12 prochains mois, et 90 % jugent qu’une validation humaine doit rester obligatoire face à l’IA — alors que 45 % déclarent que leur équipe agit souvent sur la base de recommandations générées par IA sans intervention humaine.

L’émergence des « micro-fraudes » : un risque interne qui passe sous les radars

L’étude met en lumière une forme de malversation financière peu visible : les micro-fraudes, ou « shallow fakes », par opposition aux « deep fakes ». Ce terme désigne de petits contournements des règles financières, comme la majoration des dépenses, qui peuvent s’accumuler et entraîner des pertes importantes au fil du temps. 87 % des décideurs financiers interrogés ont déjà constaté que des notes de frais ou des demandes de remboursement d’un faible montant avaient été falsifiées et étaient passées sous les radars, et 74 % estiment que ces petites fraudes sont déjà courantes dans leur organisation. Les organisations françaises interrogées déclarent des pertes annuelles moyennes de 113 317 euros liées à la fraude à la facture.

« Les fraudes spectaculaires par deepfakes font toujours les gros titres. Mais pendant que les professionnels de la finance restent vigilants face à ces abus, des centaines de milliers d’euros s’échappent discrètement via des petites fraudes. Ces « micro-fraudes » en apparence anodines finissent, à force de s’accumuler, par peser lourd sur les entreprises qui n’ont pas mis en place les contrôles nécessaires pour les détecter », déclare Chris Wilmot, Directeur Financier chez Medius.

Des écarts d’équipement entre pays

Sur l’adoption de logiciels automatisés de détection des factures frauduleuses, les États-Unis arrivent en tête avec 53 % des professionnels déclarant que leur équipe utilise ce type d’outil, suivis du Royaume-Uni (51 %), de la Suède (50 %) et enfin de la France (45 %). La France, avec le taux d’adoption le plus faible, rapporte aussi le nombre de cas de fraude aboutis le plus bas — ce qui pourrait indiquer une moindre détection ou déclaration de ces cas plutôt qu’une moindre exposition.

Les équipes financières adoptent l’IA, mais ne lui font pas pleinement confiance

L’adoption de l’IA continue de s’accélérer au sein des services financiers : 30 % des dirigeants financiers déclarent déjà utiliser largement l’IA dans plusieurs fonctions. Mais la responsabilité en cas d’erreur de décision de l’IA reste floue : interrogés sur qui devrait être tenu responsable en cas de perte financière causée par une erreur d’IA, les répondants se répartissent presque à égalité entre responsables IT, responsables financiers et employés ayant suivi les recommandations de l’IA. 46 % des répondants indiquent que les seuils nécessitant une intervention humaine sont compris mais non formellement documentés, et 23 % des directeurs financiers estiment que des membres de leur équipe utilisent des outils d’IA non formellement approuvés par leur organisation.

« Les organisations sont de plus en plus à l’aise à l’idée de laisser l’IA les aider, voire guider leurs décisions, bien qu’il n’y ait pas encore de responsabilité clairement établie lorsque ces décisions se révèlent erronées. À mesure que la finance autonome se généralise, l’explicabilité, la gouvernance et la responsabilité comptent tout autant que la précision », déclare Ahmed Fessi, Chief Transformation & Information Officer chez Medius.

L’automatisation seule n’a pas résolu les retards de paiement

Malgré des investissements importants dans l’automatisation de la comptabilité fournisseurs, les retards de paiement restent un défi persistant pour les équipes financières : au niveau global, 85 % des organisations déclarent avoir atteint un certain niveau d’automatisation de leurs processus.

À propos de Medius

Medius relie la saisie des factures, leur traitement et leur paiement afin de remplacer les incertitudes liées à la comptabilité fournisseurs par davantage de sérénité et de confiance. Medius utilise l’intelligence artificielle pour effectuer l’essentiel du travail — confirmation, codification et paiement des factures — et compte plus de 4 000 clients dans 116 pays, gérant un volume annuel de 300 milliards d’euros de transactions.

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par Stéphane

Stéphane Poignant est formateur RH et créateur de jeux sérieux, de guides pratiques et de contenus qui font bouger les lignes. Il explore les coulisses du SIRH, de la data RH et du learning by doing. https://www.linkedin.com/in/stephanepoignant/