À mesure que les études se succèdent sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, une idée revient régulièrement : l’IA pourrait automatiser une part croissante du travail.
Selon Goldman Sachs Research, l’IA générative pourrait exposer une partie significative des tâches professionnelles à l’automatisation, tout en soulignant que la majorité des emplois ne serait pas entièrement automatisée, mais transformée ou complétée par la technologie (Generative AI could raise global GDP by 7%, avril 2023*).
Mais ce débat laisse souvent dans l’angle mort une réalité essentielle : de nombreux métiers reposent sur des mains, des gestes, une présence sur le terrain et une relation humaine directe. Autant de dimensions que l’IA ne peut ni standardiser ni reproduire.
C’est notamment le cas de nombreux métiers manuels et techniques, aujourd’hui sous tension en France.
Sur le terrain, ces métiers attirent de plus en plus de profils en reconversion. Anciens employés de bureau, commerciaux, logisticiens, salariés de la restauration ou de la grande distribution : ils sont nombreux à quitter des emplois exposés à l’automatisation ou à la précarisation pour se tourner vers des métiers concrets, utiles et non délocalisables.
Dans ce contexte, le débat sur l’IA ne peut pas être dissocié de celui sur la revalorisation, la transmission et l’attractivité des métiers manuels. Ces métiers ne sont pas menacés de disparition, mais d’abandon : faute de professionnels formés, ils manquent cruellement de main-d’œuvre.
« On parle beaucoup d’intelligence artificielle, mais l’IA n’aura jamais de mains. Ces métiers techniques de la maison ont longtemps été considérés comme des vieux métiers voués à disparaître – cela fait plus de trente ans qu’on les dévalorise. Chez Murfy, on a démontré qu’il était possible de renouveler ces métiers, en formant des professionnels et en les engageant en CDI. Ce sont des métiers d’avenir, aujourd’hui en pénurie partout en France, et c’est pour cela que nous investissons massivement dans la formation, avec un objectif simple : rendre possible l’accès à un technicien qualifié, partout sur le territoire », explique Guy Pezaku, cofondateur de Murfy.