Source : communiqué de presse de l’OCDE, Paris, 5 novembre 2026 — Perspectives 2026 de l’économie et de la société numériques.
- 20 % des entreprises de 10 salariés ou plus de la zone OCDE ont eu recours à l’IA en 2025, contre 52 % des grandes entreprises (250 salariés ou plus).
- L’utilisation de l’IA générative par les individus a atteint 37 % en 2025 ; 14 % des seniors y ont déjà eu recours, contre 68 % des 16-24 ans.
- Le capital-risque placé dans les entreprises d’IA spécialisées dans les infrastructures et l’hébergement informatiques est passé de 54,5 à 123,9 milliards USD entre 2024 et 2025.
L’adoption de l’IA progresse rapidement dans les économies de l’OCDE, mais l’existence de grandes disparités entre entreprises et générations risque, selon le rapport, de limiter les bienfaits de la transformation numérique. Le taux d’utilisation de l’IA par les grandes entreprises est deux fois plus élevé que la moyenne, et les jeunes sont près de cinq fois plus susceptibles que les seniors de recourir à l’IA générative.
Un fossé entre petites et grandes entreprises
Selon les estimations de l’OCDE, 20 % des entreprises de 10 salariés ou plus de la zone ont eu recours à l’IA en 2025, contre 52 % des grandes entreprises. Si l’on peut penser que les petites entreprises réduiront leur écart dans l’infonuagique d’ici à 2030, les prévisions annoncent le maintien du fossé dans le domaine de l’IA, à moins d’un soutien ciblé : à la fin de la décennie, le taux d’adoption de l’IA par les grandes entreprises pourrait dépasser la moyenne de près de 80 %.
L’adoption par les petites entreprises se heurte à un accès limité aux financements, aux infrastructures numériques et aux compétences spécialisées, ainsi qu’aux coûts de mise en œuvre, à l’incertitude juridique et réglementaire (protection des données) et à la difficulté d’intégrer l’IA dans les systèmes existants. Plus de la moitié des entreprises de la zone ont déjà recours à l’infonuagique, mais l’utilisation combinée de l’IA, de l’infonuagique et de l’analytique des données massives reste concentrée dans les grandes entreprises et les secteurs à forte intensité de savoir.
Un fossé générationnel
L’utilisation de l’IA générative par les individus a atteint 37 % en 2025, avec des taux plus élevés chez les jeunes, les personnes très qualifiées et celles à revenu élevé. Les seniors ont pratiquement rattrapé leur retard sur l’internet (la part des internautes de 55-74 ans est passée de 58 % à 87 % entre 2015 et 2025), mais pas sur l’IA : seulement 14 % des seniors déclarent avoir déjà eu recours à l’IA générative, contre 68 % des 16-24 ans. Parmi les seniors, 43 % déclarent ne pas en avoir besoin, 12 % font état d’un manque de compétences et 9 % d’une méconnaissance du sujet.
« L’adoption de l’IA continue de progresser dans les entreprises. Mais pour exploiter pleinement son potentiel de productivité et de compétitivité, nous devons veiller à ce que l’IA se répande dans les entreprises de toutes tailles », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. « Les Perspectives donnent des pistes pour y arriver : élargir l’accès aux services infonuagiques, cibler le soutien fourni au titre de l’IA et de l’analytique des données massives, renforcer l’interopérabilité et les normes ouvertes. »
Investissements et politiques publiques
L’investissement dans les infrastructures d’IA « monte en flèche » : les fonds de capital-risque placés dans les entreprises d’IA spécialisées dans les infrastructures et l’hébergement informatiques ont plus que doublé entre 2024 et 2025, de 54,5 à 123,9 milliards USD. L’OCDE souligne l’importance de garantir l’accès aux capacités de calcul, aux compétences et aux données.
Sur la base de 1 497 initiatives recensées dans 42 pays en 2025, l’OCDE conclut que les politiques du numérique technologiquement neutres ont laissé la place à des politiques axées sur des technologies particulières. L’IA est la technologie à laquelle les pouvoirs publics ont consacré le plus d’initiatives en 2025 ; les technologies quantiques, les semi-conducteurs et les satellites occupent aussi une place grandissante depuis 2023. L’administration numérique reste la première priorité de la décennie, mais la cybersécurité s’est hissée en 2025 à la deuxième place, son niveau le plus élevé en dix ans. L’élaboration des stratégies numériques nationales incombait au premier chef à un ministère dédié dans 60 % des pays en 2025, contre 24 % en 2016.
Selon les estimations, le secteur des TIC a crû de 5 % en 2025 dans la zone OCDE. À l’échelle mondiale, la création de valeur et les approvisionnements en TIC restent fortement concentrés dans un petit nombre de pays.
