Russell Reynolds : l’IA devient le premier enjeu de santé organisationnelle des entreprises

Russell Reynolds Associates publie la nouvelle édition de son Global Leadership Monitor, enquête mondiale menée auprès de plus de 2 700 administrateurs, dirigeants, membres de Comex et dirigeants de nouvelle génération.

L’IA et le changement technologique deviennent le premier sujet de santé organisationnelle des entreprises

Principal enseignement de cette édition : pour la première fois depuis le lancement de l’étude en 2021, le changement technologique devient le premier facteur d’impact sur la santé des organisations. 63 % des dirigeants interrogés au niveau mondial le placent parmi les cinq principaux facteurs qui influenceront leur organisation dans les 12 à 18 prochains mois, devant l’incertitude économique, qui occupait cette première place depuis 2023.

Cette bascule est très nette : la part des dirigeants citant le changement technologique comme facteur clé a presque doublé depuis fin 2022, passant de 32 % à 63 %. L’IA générative s’installe également dans les usages : 35 % des dirigeants indiquent que leurs équipes l’ont déjà pleinement intégrée dans leurs flux de travail quotidiens, contre 19 % il y a un an.

En France, l’IA s’impose aussi comme un sujet majeur, mais dans un contexte plus marqué par l’incertitude économique et géopolitique

La lecture française confirme l’importance du sujet technologique, tout en faisant ressortir une hiérarchie légèrement différente des priorités. 55 % des dirigeants interrogés en France citent le changement technologique parmi les cinq principaux facteurs d’impact sur la santé de leur organisation, contre 63 % au niveau mondial et 60 % en Europe.

En France, le changement technologique arrive derrière l’incertitude géopolitique, citée par 65 % des répondants français, contre 54 % au niveau mondial et 61 % en Europe, et derrière l’incertitude économique, citée par 62 % des répondants français, contre 57 % au niveau mondial et 58 % en Europe.

Cette spécificité française montre que les dirigeants abordent l’IA et la transformation technologique dans un environnement perçu comme plus instable, où les tensions géopolitiques et économiques continuent de peser fortement sur les décisions des Comex et des conseils.

Un décalage persistant entre adoption de l’IA et préparation réelle des organisations

L’étude met aussi en évidence un décalage important entre adoption, confiance et préparation réelle des organisations. Si les dirigeants abordent majoritairement ces transformations comme une opportunité, seuls 51 % des dirigeants au niveau mondial se disent préparés à gérer le changement technologique. Ce niveau est légèrement inférieur en Europe, à 49 %, et en France, à 47 %.

Le même écart apparaît sur la transformation des effectifs, pourtant directement liée à l’adoption de l’IA, aux enjeux de reskilling et à l’évolution des métiers. 39 % des dirigeants au niveau mondial estiment que leur organisation est préparée à y répondre, contre 39 % en Europe et seulement 20 % en France.

En matière d’IA générative, seuls environ 40 % des dirigeants estiment que leur organisation dispose des compétences techniques, des données de qualité et des processus de gouvernance nécessaires pour la déployer efficacement et de manière sécurisée. Côté conseils d’administration, seuls 29 % des répondants considèrent que leur board dispose de l’expertise nécessaire pour accompagner la mise en œuvre de l’IA.

Le leadership attendu n’est pas d’abord technologique : il est stratégique

Autre enseignement important : malgré la montée de l’IA, les compétences les plus attendues chez les dirigeants ne sont pas d’abord techniques. La pensée stratégique arrive très largement en tête, citée par 55 % des répondants, devant la conduite du changement, la prise de décision, la résilience ou encore l’innovation. La maîtrise technologique n’est citée que par 17 % des dirigeants.

Pour Russell Reynolds Associates, ces résultats montrent que le sujet n’est plus seulement l’adoption de l’IA, mais la capacité des dirigeants, des Comex et des conseils à transformer cette dynamique technologique en véritable capacité organisationnelle.

Un enjeu de succession et de fidélisation des futurs dirigeants

L’étude ouvre aussi un angle fort sur les enjeux de succession et de fidélisation des futurs dirigeants. Près des deux tiers des leaders se disent ouverts à une mobilité hors de leur entreprise actuelle. Chez les dirigeants de nouvelle génération, 86 % souhaitent prendre davantage de responsabilités dans les deux à trois prochaines années et 67 % aspirent à rejoindre un Comex. Mais seuls 29 % pensent que leur organisation actuelle pourra répondre à leurs aspirations, et seuls 31 % estiment que leur poste actuel offre une trajectoire claire vers le Comex.

Julie Rullier, Managing Director de Russell Reynolds Associates France, commente ces résultats et ce qu’ils disent de l’évolution des profils de dirigeants recherchés par les entreprises : moins des experts techniques de l’IA que des dirigeants capables de décider, prioriser, embarquer les équipes et adapter les organisations dans la durée.

Contact presse
Timothée Nicolas – Vae Solis – timothee.nicolas@vae-solis.com – 16 avenue Kléber, 75016 Paris

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