Derrière l’explosion des projets d’intelligence artificielle, un angle mort inquiète les directions financières : l’impossibilité de prévoir précisément la facture des tokens.
Paris, le 24 juin 2026
Après la ruée vers l’intelligence artificielle générative, les entreprises françaises se heurtent à une nouvelle réalité : elles ne savent pas combien leur stratégie IA leur coûtera réellement demain. Alors que les directions générales multiplient les projets autour des agents IA, des assistants conversationnels et de l’automatisation des tâches, un sujet reste largement sous-estimé : le coût des tokens, ces unités invisibles qui servent de monnaie d’échange entre les entreprises et les modèles d’intelligence artificielle.
Cette problématique est devenue si critique qu’elle commence désormais à inquiéter certains des plus grands utilisateurs d’IA au monde. Selon plusieurs acteurs du secteur bancaire, certaines institutions financières limitent déjà les usages de l’intelligence artificielle générative afin d’éviter une explosion incontrôlée des coûts. Un signal fort qui montre que le défi n’est plus seulement technologique mais également financier. En effet, ces coûts peuvent rapidement représenter plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros par an pour les organisations les plus avancées.
« Aujourd’hui, la majorité des entreprises suivent précisément leurs coûts cloud, leurs licences logicielles ou leurs dépenses marketing. En revanche, très peu sont capables de répondre simplement à cette question : combien leur coûtera réellement leur IA dans six mois ou dans un an », observe Benjamin Drighès, CTO IA de Galadrim.
Le problème est simple : contrairement aux logiciels traditionnels, le coût d’un système d’intelligence artificielle dépend directement de son utilisation. Plus les collaborateurs sollicitent un agent IA, plus celui-ci traite de documents, consulte des bases de données ou réalise des raisonnements complexes, plus la consommation de tokens augmente. Et cette consommation est particulièrement difficile à anticiper. Un même assistant peut coûter quelques euros par mois lorsqu’il est utilisé ponctuellement, puis voir sa facture multipliée par dix ou par cent dès lors qu’il est adopté à grande échelle au sein de l’entreprise.
La situation se complexifie encore avec l’arrivée des agents IA autonomes. Contrairement à un chatbot classique, ces systèmes peuvent enchaîner plusieurs dizaines d’actions, consulter des outils tiers, analyser des documents, effectuer des recherches et solliciter plusieurs modèles différents pour répondre à une seule demande.
Résultat : même des entreprises ayant déjà déployé des projets IA peinent à établir des prévisions budgétaires fiables. Le phénomène est d’autant plus préoccupant que les entreprises sont désormais en train de passer à l’échelle. Dans la banque, l’assurance ou les services, les projets d’IA ne sont plus des expérimentations mais des briques opérationnelles utilisées quotidiennement par des milliers de collaborateurs. Plusieurs grands groupes commencent ainsi à mettre en place des mécanismes de contrôle des usages, des plafonds de consommation ou des arbitrages entre modèles afin de conserver une maîtrise de leurs dépenses.
« Beaucoup d’organisations pensent encore acheter de l’IA comme elles achètent une licence logicielle. En réalité, elles consomment une ressource. Et comme toute ressource, sa consommation varie en permanence selon les usages », poursuit Benjamin Drighès.
Cette problématique apparaît alors même que l’adoption de l’IA accélère fortement dans les entreprises françaises. Selon Galadrim, la majorité des projets ne concernent désormais plus l’expérimentation mais l’intégration directe dans les opérations métiers : traitement documentaire, service client, support interne, génération de contenus, analyse de données ou encore automatisation de processus.
L’entreprise, spécialisée dans le développement de solutions numériques et d’intelligence artificielle sur mesure, accompagne aujourd’hui plus de 800 clients parmi lesquels des PME, ETI, startups et grands groupes. Elle observe une évolution rapide des préoccupations des décideurs.
Alors qu’en 2024 la principale question était « Comment utiliser l’IA ? », la question de 2026 est devenue « Comment la piloter durablement ? ». Pour répondre à cet enjeu, de nouvelles pratiques émergent déjà. Certaines entreprises mettent en place un suivi détaillé de leur consommation de tokens, définissent des budgets par équipe ou choisissent différents modèles d’IA selon les usages afin d’optimiser leurs coûts.
Pour Galadrim, cette évolution marque le début d’une nouvelle phase de maturité du marché.
« L’IA entre dans la même phase que le cloud il y a quinze ans. Après l’euphorie des débuts vient le temps de la gouvernance, de la mesure du retour sur investissement et du contrôle des coûts. Les entreprises qui réussiront seront celles qui sauront transformer l’IA en actif stratégique maîtrisé, et non en centre de coûts difficile à piloter. »
À mesure que les agents IA gagnent en autonomie et que leur usage se généralise, une certitude s’impose : comprendre le coût réel de l’intelligence artificielle pourrait bien devenir l’un des principaux défis technologiques et financiers des entreprises dans les années à venir.
À propos de Galadrim
Galadrim est une entreprise française spécialisée dans le développement de solutions digitales sur-mesure et l’intelligence artificielle. Fondée en 2017, elle accompagne PME, ETI, start-ups et grands groupes dans la conception, le design et le développement de produits numériques : applications web et mobiles, logiciels métiers, plateformes SaaS, solutions data et IA.
Autofinancée depuis sa création, Galadrim compte aujourd’hui plus de 170 collaborateurs et a accompagné plus de 800 entreprises dans des secteurs variés tels que le retail, la santé, l’industrie, l’assurance, l’immobilier ou encore le luxe. L’entreprise développe également des solutions d’intelligence artificielle dédiées à l’automatisation des opérations métiers, à l’analyse documentaire, aux assistants conversationnels et aux systèmes multi-agents.
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