Communiqué de presse — 30 juin 2026
L’étude mondiale réalisée par The Harris Poll pour Dataiku auprès de 900 CEO dans huit pays, révèle que le succès de l’IA conditionne la pérennité des organisations et de leurs équipes dirigeantes, mais que beaucoup reste à faire en matière de confiance et de contrôle :
- 80 % des CEO estiment que leur poste pourrait être menacé en cas d’échec avec l’IA en 2026 et 81 % des dirigeants américains sont convaincus qu’ils pourraient être évincés de l’entreprise cette année à cause d’une stratégie défaillante ou d’une crise en matière d’IA.
- Seulement 60 % des CEO reconnaissent prendre part à la plupart des décisions liées à l’IA, tandis que 67 % admettent avoir remis en question, au cours de l’année passée, les choix de fournisseurs ou de plateforme effectués par leur CIO.
- 87 % des dirigeants mondiaux joueraient leur poste sur un succès de l’IA, alors même que leur confiance dans leur capacité à déployer des agents IA à grande échelle recule, passant de 41 % à 31 %.
- Plus de 50 % des CEO reconnaissent qu’un défaut d’explicabilité pourrait entamer la confiance d’un client ou provoquer une crise de réputation et 79 % redoutent que les agents IA puissent générer des risques légaux.
- 72 % des dirigeants américains ressentent la pression de leur conseil d’administration pour produire des résultats mesurables liés au déploiement de l’IA, contre 61 % en 2025.
- 78 % des CEO américains font de la stratégie IA l’une de leurs priorités majeures.
En 2025, la grande peur des CEO était de prendre du retard en matière d’IA. En 2026, ils redoutent d’en être tenus responsables. La nouvelle étude mondiale de Dataiku, The Platform for AI Success, révèle une contradiction fondamentale au sein des organes dirigeants des entreprises : on attend des CEO que le déploiement de l’IA, qui sert de base à des décisions stratégiques, génère des résultats mesurables alors que beaucoup d’entre eux ne font pas encore pleinement confiance à ces systèmes, ne les contrôlent pas ou ne les gèrent pas.
Cette étude, intitulée Global AI Confessions Report : CEO Edition, 2026 est basée sur un sondage The Harris Poll mené auprès de 900 CEO à travers le monde. Elle démontre à quel point les enjeux liés à l’IA sont élevés pour les dirigeants. 87 % d’entre eux déclarent qu’ils mettraient leur poste en jeu pour que l’IA produise des résultats concrets, mais 34 % n’autorisent toujours pas l’IA à prendre des décisions sans approbation humaine. Dans le même temps, 56 % des CEO admettent que leurs concurrents ont des stratégies d’IA plus solides, ce qui indique que la confiance dans leur propre approche commence à s’effriter.
L’IA est devenue un test de leadership avec des conséquences réelles
Par rapport à la précédente édition de cette étude en 2025, la pression sur les CEO s’est singulièrement intensifiée. Aujourd’hui, 80 % des dirigeants estiment que leur poste pourrait être en jeu d’ici la fin de l’année, contre 74 % l’année dernière, et 75 % sont convaincus que l’un des leurs perdra son poste cette année à cause d’une stratégie d’IA défaillante. L’étude montre également que 62 % des CEO ressentent la pression de leur conseil d’administration pour qu’ils délivrent des résultats mesurables du déploiement de l’IA. L’ère de l’IA comme pari stratégique est bel et bien révolue. Les conseils veulent des résultats et expriment une certaine impatience à obtenir des preuves de l’impact positif de l’IA sur les performances business.
« Toutes les entreprises ont désormais accès à une IA puissante. Ce qui fait la différence, c’est leur capacité à transformer cette puissance en décisions business fiables », a déclaré Florian Douetteau, PDG et cofondateur de Dataiku. « C’est tout le paradoxe auquel sont confrontés les dirigeants aujourd’hui : ils misent leur poste sur l’IA, mais continuent de remettre en question ses résultats et peinent à contrôler les systèmes dont ils se disent propriétaires. Les entreprises qui combleront ce fossé seront celles qui développeront une IA digne de confiance. C’est ce qui distingue un pari d’une véritable création de valeur. »
L’IA influence déjà les décisions, sans convaincre pleinement les CEO
L’IA est désormais profondément ancrée dans le processus décisionnel des CEO : elle influence plus de 40 % de leurs décisions stratégiques chaque année et 94 % d’entre eux n’hésitent pas à informer leur conseil d’administration de cette influence. Pourtant, dépendance ne signifie pas confiance : 80 % des CEO admettent qu’ils remettent en question ou contestent les résultats fournis par l’IA et plus de la moitié (51 %) exigent toujours une validation humaine pour les décisions stratégiques. Ce scepticisme ne cesse de s’accentuer. La confiance dans le déploiement à grande échelle d’agents IA est passée de 41 % à 31 % en un an, même si 83 % prévoient toujours un déploiement en production à l’échelle en 2026, ce qui met en évidence des failles potentielles dans ces déploiements.
Ce doute s’étend désormais au-delà des résultats générés par l’IA pour toucher les fournisseurs et les plateformes qui les alimentent. Ces deux dernières années, la crainte dominante était simple : aller vite ou se faire distancer. En 2026, 65 % des PDG s’inquiètent davantage d’investir trop, dans un contexte de concurrence intense entre les fournisseurs et en l’absence d’un leader clair sur le marché, contre seulement 35 % qui disent investir trop peu en attendant que des gagnants évidents se dégagent. La préoccupation ne porte pas sur les dépenses en elles-mêmes, mais sur le sentiment qu’ont les CEO de s’engager trop tôt, de s’enfermer dans des contrats avec de mauvais fournisseurs et de mettre en œuvre ces décisions à grande échelle.
Confiance dans les stratégies IA, méfiance envers les systèmes et les fournisseurs
Alors même que les CEO affichent leur confiance dans leur stratégie d’IA, celle-ci est de plus en plus mise à l’épreuve au niveau des systèmes, des fournisseurs et des décisions sur lesquels ils s’appuient. En effet, 76 % des CEO déclarent qu’ils dépendent déjà trop d’un nombre restreint de fournisseurs d’IA et 67 % affirment avoir contesté les décisions relatives aux fournisseurs ou aux plateformes d’IA prises par leur CIO ou d’autres membres de leur équipe au cours de l’année écoulée, signe que la confiance envers les fournisseurs est fragile à tous les niveaux de l’organisation.
Le risque augmente, le contrôle ne suit pas
À mesure que l’IA se généralise dans l’entreprise, la pression sur les opérations et la gouvernance s’intensifie :
- 96 % des CEO estiment que leurs salariés utilisent des outils d’IA générative sans autorisation, un phénomène connu sous le nom de « Shadow AI ».
- 79 % s’inquiètent des risques juridiques liés aux agents IA.
- 57 % avertissent que le manque d’explicabilité, c’est-à-dire l’incapacité à retracer ou à justifier la manière dont l’IA est parvenue à une décision, pourrait déclencher une crise de confiance ou de réputation.
- 51 % déclarent avoir déjà reporté des initiatives en matière d’IA en raison de l’incertitude réglementaire, un chiffre en forte hausse par rapport aux 37 % de l’année précédente.
En réponse à des risques clairement identifiés, les CEO font de la gouvernance une priorité stratégique. Interrogés sur ce qui importe le plus pour la réussite de l’IA, ils citent la gouvernance (39 %) avant la disponibilité des talents et de la main-d’œuvre (34 %) et l’orchestration (28 %).
L’IA redéfinit le leadership en situation de pression
Ce décalage ne s’arrête pas au niveau des CEO : il touche l’ensemble de l’organisation. Alors que 94 % d’entre eux affirment être à l’aise à l’idée d’expliquer à leur conseil d’administration que l’IA a influencé une décision stratégique, seuls 34 % des responsables des données sont convaincus que leurs agents IA pourraient passer un audit décisionnel de base, un écart qui révèle à quel point la confiance des conseils d’administration est éloignée de la réalité opérationnelle. Bien plus encore : 83 % des CEO prévoient de déployer des agents IA en production à grande échelle d’ici 2026. Pourtant, seuls 25 % des CIO affirment être en mesure de les surveiller en temps réel.
Les CEO américains davantage sous pression que les autres
La pression pour obtenir des résultats concrets en matière d’IA n’est pas uniformément répartie dans tous les pays. C’est aux États-Unis qu’elle s’exerce avec le plus de force :
- 72 % des CEO américains déclarent que leur conseil d’administration exerce une pression pour obtenir des résultats mesurables en matière d’IA, contre 61 % il y a seulement un an et 67 % à l’échelle mondiale.
- 89 % des PDG américains déclarent que leur implication dans les décisions relatives à l’IA a augmenté, contre 79 % à l’échelle mondiale.
- Presque tous (97 %) déclarent être à l’aise pour communiquer à leur conseil d’administration les décisions fondées sur l’IA.
Cette pression se traduit directement par un risque personnel. 81 % des PDG américains affirment que leur poste est en jeu en cas d’échec de l’IA, l’un des taux les plus élevés au niveau mondial.
En France, la réglementation ralentit le déploiement de l’IA plus que partout ailleurs
La France se distingue comme le marché le plus touché par l’incertitude réglementaire : 61 % des dirigeants indiquent que leurs initiatives en matière d’IA ont été retardées en raison de la réglementation, contre 49 % en moyenne dans le reste du monde. Mais seuls 26 % des CEO français estiment que la réglementation européenne pourrait ralentir l’adoption de l’IA, contre 39 % en 2025, ce qui suggère que, bien que les frictions réglementaires soient réelles, les dirigeants s’habituent de plus en plus à opérer dans ce contexte.
Les CEO français se disent par ailleurs très confiants dans leur stratégie et leur feuille de route en matière d’IA, et c’est d’ailleurs en France que l’on trouve la plus forte proportion au monde de dirigeants se déclarant « extrêmement confiants » (32 %, contre 24 % en moyenne). Cependant, cette confiance est plus inégale que dans les États-Unis ou le Royaume-Uni, ce qui crée en France un profil de confiance plus polarisé : une forte conviction au sommet, mais moins bien partagée parmi l’ensemble des dirigeants.
Méthodologie
Cette étude a été menée en ligne par The Harris Poll pour le compte de Dataiku du 2 février au 2 mars 2026. L’enquête a été menée auprès de 900 CEO aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, aux Émirats Arabes Unis, au Japon, en Corée du Sud et à Singapour. Les personnes interrogées travaillent pour de grandes entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 500 millions de dollars ou équivalent régional, et occupent le poste de CEO.
À propos de Dataiku
Dataiku est The Platform for AI Success, la couche d’orchestration permettant de créer, de déployer et de gouverner l’IA dans l’entreprise. Au sein d’un environnement unique, les équipes conçoivent et exploitent des analyses, des modèles d’apprentissage automatique et des agents d’IA avec la transparence, la collaboration et le contrôle dont les entreprises ont besoin.
Contact presse
Les Rois Mages – louise.henry@lesroismages.fr – 06 84 34 55 35 / 01 41 10 08 03