Par Amit Walia, CEO d’Informatica
Les jeunes actifs sont de plus en plus inquiets à l’idée de voir leurs emplois menacés par l’automatisation engendrée par l’intelligence artificielle (IA). Si bien que certains vont même jusqu’à reconsidérer leur choix de carrière en raison de ce qu’on appelle désormais « l’angoisse de l’IA ». Pour autant, ces candidats ne devraient pas baisser les bras. Au contraire, ceux dont l’emploi est menacé par l’IA doivent chercher des moyens de tirer parti de leurs atouts et de leurs qualités humaines, et devraient se concentrer sur les nombreux domaines dans lesquels l’humain surpasse l’IA, comme la capacité à nouer des relations, l’ingéniosité, l’intelligence émotionnelle, le travail d’équipe et le leadership.
Bien sûr, pour une grande partie des actifs, il ne sera pas possible d’éviter complètement l’IA, et de nombreux métiers impliqueront de travailler avec l’IA non seulement comme un outil d’aide, mais aussi et de plus en plus, comme un « collègue ». Cependant, en y regardant de plus près, les demandeurs d’emploi ne sont pas les seuls à s’inquiéter pour l’avenir du travail : les chefs d’entreprise aussi s’interrogent sur l’impact de l’IA sur l’emploi, les compétences et la main-d’œuvre en général. Pour surmonter ces obstacles, ils devront se concentrer sur ce que les collaborateurs humains font le mieux et sur les domaines dans lesquels ils peuvent apporter la plus grande valeur ajoutée.
Les preuves de ces forces macroéconomiques viennent de toutes parts. Selon une récente étude de l’université de Stanford, basée sur des données salariales, l’IA commence à avoir un « impact significatif et disproportionné » sur les jeunes travailleurs, si bien que les chercheurs de Stanford ont constaté que les emplois des 22-25 ans qui sont le plus exposés à l’IA subissent une baisse relative de 13 % de l’emploi.
Automatisation ou augmentation
Le rapport de Stanford fait également état d’indicateurs encourageants, comme le fait que l’emploi global continue de croître et que les salaires n’ont pas été affectés négativement. Ainsi, les auteurs expliquent que l’emploi des travailleurs dans les domaines moins exposés et des travailleurs plus expérimentés dans les mêmes professions est resté stable ou a continué de croître.
Par ailleurs, il est important de bien distinguer les formes de travail. En effet, pour de nombreux experts, il existe une ligne de démarcation entre automatisation et augmentation. Or, l’étude de Stanford indique que les emplois de premier échelon ont diminué dans les domaines où l’IA automatise ou remplace le travail, mais pas dans ceux où elle l’augmente.
Il est facile de comprendre pourquoi. Des tâches élémentaires comme la transcription, la génération de rapports et la planification ne nécessitent pas de formation ou d’éducation particulière. Mais cela ne veut en aucun cas dire que ces fonctions sont sans importance, car chacun en dépend quotidiennement, cependant l’IA peut faire la même chose, et parfois plus rapidement et mieux. Par ailleurs, l’IA progresse dans des domaines comme la conception, la création de contenu, l’écriture de code et le support client.
Pour les tâches plus importantes, le recours à l’IA a le potentiel de rendre le travail plus efficace plutôt que de remplacer les collaborateurs. Par exemple, les agents IA intégrés à des outils de collaboration peuvent automatiquement présenter des informations en temps quasi réel afin d’aider les professionnels à prendre des décisions plus éclairées. Les chatbots IA interagissant avec les clients ou prospects, peuvent, quant à eux, détecter et signaler les opportunités aux commerciaux, qui peuvent alors apporter une touche humaine.
Développer de nouvelles compétences pour protéger sa carrière
La mise en œuvre de l’IA à des fins d’automatisation ou d’augmentation n’est pas une décision à prendre à la légère. De nombreuses entreprises feront les deux, et il existe des nuances à mesure que le temps passe.
Le concepteur du modèle Anthropic va plus loin sur le sujet de l’automatisation et de l’augmentation dans son rapport de suivi d’utilisation, et voit l’automatisation de deux manières : les « conversations directives », où il y a peu d’interaction entre l’IA et les humains, et les boucles de rétroaction, où les humains renvoient les résultats au modèle. Quant à l’augmentation, elle serait segmentée en apprentissage, itération des tâches et validation.
En bref : les points de contact avec l’IA sont multiples et variés. C’est pourquoi, plutôt que de trop s’inquiéter des inconvénients de l’automatisation, il serait préférable de consacrer l’énergie à améliorer les compétences des collaborateurs humains afin qu’ils puissent tirer parti des innombrables avantages offerts par l’IA pour être plus performants.
Investir du temps et des efforts dans la préparation à l’IA peut aider à protéger les carrières en permettant aux équipes de se tenir au courant des nouvelles technologies et des exigences commerciales. Les responsables du recrutement privilégieront les personnes qui ont le courage non seulement de survivre, mais aussi de prospérer aux côtés de l’IA.
Le revers de l’automatisation : l’excellence humaine
Sur une note plus positive, Luiza Jarovsky, cofondatrice de l’AI, Tech & Privacy Academy et experte en gouvernance de l’IA, écrit sur Substack que « la demande de professionnels excellents est en hausse ». Pourquoi une perspective aussi positive ? D’après elle, les résultats de l’IA peuvent être sous-optimaux et nécessiter l’intervention d’un humain, et les entreprises qui privilégient l’IA se rendent compte que « l’automatisation complète », déconnectée de l’excellent travail humain, ne répond pas aux normes juridiques, éthiques et de qualité.
Ce débat sur l’impact de l’IA peut donc être considéré à la fois comme un défi et une opportunité. Un autre exemple concret serait le rapport d’Inc.com qui indique que les salaires de départ des collaborateurs possédant des compétences en IA ont augmenté de 12 % par rapport à l’année dernière. C’est le revers de la médaille de l’automatisation.
Il serait donc bon que chacun pense aux jeunes adultes de sa propre famille, ceux-là même qui réfléchissent à leur carrière, afin de les encourager à suivre leurs passions avec enthousiasme et détermination, mais aussi avec résilience. En effet, il est encore trop tôt pour savoir quel sera l’impact de l’IA sur nos vies. Mais la capacité à s’adapter, à se réorienter et à continuer à évoluer sera inestimable, quels que soient les aléas de la vie.
À propos d’Informatica
Informatica, une société Salesforce, est un leader dans le domaine de la gestion des données cloud alimentée par l’IA pour les entreprises. Informatica aide les entreprises à connecter, gérer et unifier leurs données prêtes pour l’IA grâce à ses capacités en matière de catalogue de données, d’intégration de données, de gouvernance, de qualité et de confidentialité, de gestion des métadonnées et de gestion des données de référence (MDM). Informatica soutient et collabore avec un vaste écosystème de partenaires tout en aidant ses clients à exploiter pleinement la valeur de leurs données et de l’IA.
À propos de Salesforce
Salesforce est le numéro 1 des CRM basés sur l’IA, permettant aux entreprises de se connecter avec leurs clients d’une manière totalement nouvelle grâce à la puissance de l’intelligence artificielle, des données et avec confiance. Pour plus d’informations sur Salesforce (NYSE : CRM), rendez-vous sur : www.salesforce.com.
